Nuits d'été, dix-sept ans, le temps qui manque à ma vie, le temps qui l'a éprise à jamais.
Enfouie par le désarroi du futur, galopant vers ici. Nuits d'été, nuits des jours innocents, nuits d'un clin d'oeil vivant. Affranchies par ce qui n'est plus perceptible, percevons le soleil sous les nuages, comme les nuits sous les souvenirs.
Les sons tapent et rythment ma nostalgie comme si ce temps n'était qu'un échantillon du bonheur. Interdisant tout autre tentative de revivre la chaude noirceur de ces nuits. Promettant que si l'on s'enfonce dans son parfum, on crie bienvenue aux bourreaux approbateurs de nos mémoires.
Nuits d'été, dix-sept ans, la sève est du champagne dont nous ne nous lassons pas, notre conscience est l'âme docile d'un libre artiste devant son tableau blanc. Et nous peignons la nuit entière, nous peignons nos souvenirs incandescents, juste une brise parfois, juste un souffle, avant que tout ne redevienne clair et malsain, avant que tout ne nous resaute à la gorge, étranglant nos dernières liqueurs, étranglant notre ardeur, pour une année encore, comme le couperet sur nos nuques, pour nous rappeler qu'une fois encore, elles ne nous appartiennent qu'un été.